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Le Capital Humain, un patrimoine que chacun peut choisir d'offrir

Dimanche soir, retour en train après un weekend de déconnection entre amis. Et soudain, une affirmation, naïve et simple qui donne lieu à un débat enflammé, à une prise de position, voire même à une prise de tête : « Le Capital Humain, c’est une notion hautement capitaliste, dont la loi fondamentale est la recherche systématique de la plus-value, grâce à l'exploitation des travailleurs ».

Et les images les plus marquantes de l’histoire socialistes ou marxiste envahissent notre wagon. L’exploitation des ouvriers. L’opposition des classes. L’oppression sur des petites mains qui ne sont bonnes qu’à transformer de la matière première, l’atteinte des objectifs stratégiques à tout prix, et surtout, l’enrichissement des uns au détriment des autres.

Or aujourd’hui, lorsque je pense au Capital Humain, c’est une toute autre image qui me vient à l’esprit. Loin des contextes historiques ou sociaux-économiques, c’est une définition positive que je veux défendre, où les mots prennent toute leur ampleur.

L’infinie diversité et aptitude à grandir du Capital Humain

Selon moi, le Capital Humain désigne l’ensemble des compétences, expériences et connaissances qu’une personne accumule tout au long de sa vie. Tous ces « biens » non-monétaires constituent le patrimoine unique de chaque individu. Il est donc correct, au sens propre du Larousse, de parler de « Capital ». Non pas dans une idée d’abus capitaliste, mais dans une perception de « richesse » personnelle.

De plus, contrairement aux autres capitaux, plus le Capital Humain est « utilisé », plus il grandit. En d’autres termes, moins il est travaillé, moins il s’enrichit, voir plus il perd de sa valeur. Par exemple, un employé dans une position qui n’utilise pas ses compétences et connaissances clefs, risque de voir son Capital Humain diminuer progressivement du fait de l’absence d’utilisation.

Le Capital Humain n’a de limite d’extension que celle propre à chaque individu

C’est au travers notamment de la formation, de l’éducation ou encore de l’expérience que le Capital Humain est préservé, développé et cultivé. En augmentant son efficacité productive, ses performances ou expertise, l’individu peut décider de valoriser son Capital Humain et de le mettre au service des entreprises ou de la société, bien souvent contre rémunération.

Le Capital Humain est indissociable de son détenteur. Il est limité par lui, ses capacités d’apprentissage, ses aptitudes intellectuelles. Mais aussi, par sa volonté, son engagement et son attitude au travail. Un employé qui ne s’identifie pas/plus à son entreprise, peut mettre un frein à sa créativité, peut décider de ne pas transférer son Capital Humain (même s’il est théoriquement transférable), peut s’impliquer moins à fond, etc. Ainsi, contrairement aux autres types de capitaux, le Capital Humain ne peut devenir la propriété d’un tiers. Le Capital Humain est un patrimoine qui est mis à disposition par une personne qui a la volonté et la motivation de le transmettre. La plus-value et la performance sont donc tributaires de la créativité, de l’énergie et de l’enthousiasme que l’individu décide d’investir dans son travail. Ce dernier est souvent acteur et maître de ses « richesses ».

Les conséquences sur la relation de travail sont simples. L’employeur n’a aucune garantie de rentabilité. L’individu est libre et seul propriétaire de son capital. Il peut le soustraire à tout moment  ou encore le limiter (dans les limites qui lui permettront de conserver son emploi s’il en a besoin). La performance sera là où non… tout dépendra de la volonté de cette personne de mettre à disposition son Capital Humain. 

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